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November 02
Un peu plus et… couic ! je ne pouvais plus jamais écrire sur mon cahier.
Hier soir, la boum a mal tourné. Déjà, quand on est arrivé, tout le monde nous regardait bizarre, il n’y avait que des grands.
ça se passait dans le jardin. Marijo, Frédéric et moi, on avait pris du coca et on s’est assis dans un coin. Ati n’était pas avec nous, elle était avec son copain.
En fait, je crois qu’on était pas les bienvenus. Il y a des grands, 15 ans je crois, qui sont venus nous voir en disant qu’il ne fallait pas rester dans notre coin. Ils ont dit que pour faire partie de la fête, il fallait qu’on passe des épreuves. Ils nous croyaient pas cap ! Mais aucun de nous n’a peur des « caps » !
C’est Frédéric qui a commencé. Les grands lui ont demandé de boire plusieurs verres, on croyait que c’était du coca mais il y avait de l’alcool dedans. Frédéric a bu tous les verres, vite. Il était assis sur une chaise, les autres étaient autour de lui, j’essayais de le voir mais les grands me poussaient, je déteste qu’on me faire bousculer ! Quelques grands ont été chercher une planche au fond du jardin pour la mettre sur la piscine, une petite piscine. Comme je les regardais, je n’ai pas tout de suite compris pourquoi tout le monde riait autour de moi. En fait, il se moquait de Frédéric car il était tombé de sa chaise. J’ai commencé à crier mais Marijo m’a dit d’arrêter, que Frédéric devait faire « ses classes » ou je ne sais pas quoi, je n’ai pas compris mais je savais que je devais me taire. Deux garçons ont aidé Frédéric à se relever, il était soûl. Ils disaient que si on pensait faire partie de leur groupe, on devait savoir boire et fumer. On avait déjà tous goûté de la bière et on avait déjà essayé de fumer en cachette une cigarette que j’avais volé à Rochelle.
Avec une cigarette à la bouche, Frédéric devait passer sur la planche au dessus de la piscine. Il ne marchait pas droit, forcément, il est tombé ! Tous les autres étaient pliés en deux. Cette fois-ci, c’est Marijo qui cria la première ! Moi, je suis allée vers le copain d’Ati, j’ai pris la cigarette qu’il tenait, j’ai fumé et j’ai craché la fumée sur lui. Je n’ai même pas toussé ! Je suis allée vers la piscine car Frédéric essayait de sortir mais il n’y arrivait pas et ça les faisait encore plus rire. Le grand frère a voulu m’empêcher d’aider Frédéric mais comme j’avais encore la cigarette à la main, je l’ai approchée de sa main. Il a eu peur et a dit que j’étais folle. J’ai écrasé la cigarette sur la piscine avant d’aider Frédéric, avec Marijo. Il paraît que ça coute cher une piscine comme ça, tu parles !
J’ai demandé à Ati ce qu’elle faisait, j’avais peur qu’elle reste mais non, elle est venu avec nous. On est partis, de toute façon, on allait nous mettre dehors. On a trainé dans le quartier en attendant Geoffrey.
Je suis encore très énervée de cette histoire ! Quelle bande de crétin !! October 26
Ati a un amoureux, il a 14 ans et il habite dans son quartier. Demain soir, il a invité Ati à l’anniversaire de son grand-frère. Ils font une boum. Leurs parents ne seront pas là.
Elle est chic Ati ! Elle a accepté à condition qu’il nous invite aussi car elle veut avoir des amis à la fête. J’ai demandé à Papa, il est d’accord ! Geoffrey me déposera et il viendra me rechercher. Frédéric et Marijo viennent aussi. Je suis contente ! Je n’ai que 8 ans et je vais à une boum où il y aura des garçons et des filles de 14 ans et 16 ans !
June 17
Aujourd’hui, on a tué un chat.
Marijo nous a invité chez elle, ses parents n’étaient pas là. ça y est, son père est parti en mission en Afrique et sa mère était partie pour la journée, à Paris je crois. Elle nous a montré les armes de son père, il est chasseur. Papa aussi il en a, pourtant il ne chasse pas. Les armes de Papa sont dans une armoire dans son bureau fermé à clé. Quand j’aurai l’âge de Marijo, Papa m’apprendra à tirer, il me l’a dit. Marijo, elle sait déjà tiré avec une carabine. Son père lui a promis qu’il l’emmènerait à la chasse bientôt.
On voulait qu’elle nous montre. Avec Frédéric, on a été chercher des jouets chez moi et on les a installés dans le jardin de Marijo, sur la balançoire, la niche, le muret…
J’aime bien Marijo, elle fait plus grande que son âge avec ses cheveux courts et elle sait tenir tête aux plus grands, même à ceux du lycée !
Elle a tiré sur deux peluches et elle a même réussi à dégommer une Barbie ! Une moche que Rochelle m’avait ramener d’un week-end à la mer, encore une fois où elle était partie avec des amies… Elle était revenue avec cette poupée aussi bronzée qu’elle, sauf que Rochelle est encore plus orange ! parce qu’elle met de la crème pour bronzer plus vite. Je ne l’aime pas cette poupée, elle a des fils dorés dans les cheveux et des grands yeux, elle fait nunuche ! En plus, ce n’est même pas une belle Barbie en robe avec des accessoires, elle a juste un maillot de bain doré. On dirait une mini Rochelle, Marijo ne l’a pas loupé !
Je voulais tirer moi aussi et Frédéric aussi, mais moi je voulais tirer la première ! Frédéric ne voulait pas attendre. Marijo est têtue mais moi aussi ! et Frédéric ne voulait pas non plus lâcher la carabine ! Le coup est parti. On a tous eu peur en entendant le bruit. Ati qui était assise derrière nous s’est mise à nous crier dessus, elle n’aime pas les armes. Marijo s’est fâché et elle a été rangé la carabine. Pendant qu’elle était dans la maison, il y a sa voisine qui a passé sa tête par dessus le muret. On a tiré sur son chat… j’ai essayé de dire que ce n’était pas nous mais ça n’a pas marché parce qu’elle avait déjà entendu des coups de feu. Ce n’est pas très grave un chat, même s’il n’avait rien fait et qu’il dormait sur le muret, ce n’est qu’un chat ! Et puis, elle est vieille la voisine de Marijo, donc son chat ne lui manquera bientôt plus puisqu’elle va mourir aussi !
Papa a été voir la voisine et a dit que c’était arrangé, mais il m’a quand même fait la leçon parce qu’on aurait pu se blesser, la mère de Marijo était très en colère !
Papa m’a parlé comme à une grande, il avait l’air fâché puis il m’a souri et c’est comme si un soleil était venu éclairer ses yeux, il m’a dit qu’il m’apprendrait bientôt à tirer ! pour que je ne fasse pas n’importe quoi avec les armes. Je suis contente ! Papa va encore m’apprendre quelque chose ! J’ai de la chance d’avoir un Papa comme lui ! June 04
COOL!!! ça y est, l’école est finie ! L’an prochain, enfin, en septembre, je serai en CE2 !
En juillet, on reste ici, Papa a promis de m’emmener faire du bateau, Rochelle a dit qu’elle viendrait aussi. Depuis l’autre jour, j’ai l’impression qu’elle est plus gentille avec moi… je ne comprends pas, je ne sais pas quoi faire.
Frédéric ne part pas en vacances du tout, il reste avec sa maman, chez eux pendant les deux mois !
Ati non plus ne part pas mais il y a ses oncles et tantes qui viennent chez elle. Ati n’est pas contente, elle aimerait partir en voyage, elle n’a pas envie de s’occuper de ses cousins cousines.
Marijo part à la mi-juillet en Afrique, je ne sais plus où exactement. Elle y va avec sa mère et son frère car son père sera déjà là-bas, il part avant.
Nous, Rochelle, Papa et moi, on doit aller voir Oncle Lionel en août ! à Los Angeles ! Il vit tout seul dans une grande maison, encore plus grande que la nôtre ! Nous sommes allés le voir l’an dernier. J’aime bien être là-bas même si je ne comprends rien à ce que disent les américains ! J’ai hâte !!! May 08
Je suis coincée dans ma chambre… je suis punie tout le samedi parce que Rochelle est obligée de racheter toute sa garde robe et tout ce que j’ai cassé. Papa était d’accord pour la punition car je n’ai pas le droit d’utiliser les grands ciseaux de la cuisine. Elle a emmené Papa avec elle car « il peut bien réparer les sautes d’humeur de SA fille ». C’est ce que Rochelle a dit, je l’ai entendu. Pourquoi elle n’a pas dit NOTRE fille ?
J’ai plein de jouets dans ma chambre, mais je n’ai pas envie de jouer avec. Je préfère écouter ma musique, j’écoute, je chante, j’écris sur ces feuilles assise par terre, sur mon tapis, contre mon lit.
J’ai un petit lit et au-dessus Papa a accroché un long voile, ça fait comme un lit de princesse ! Ma chambre n’est pas très grande, dedans il y a mon lit, ma table de nuit, une armoire, mon bureau, ma coiffeuse, mon coffre avec ma chaine ifi dessus et une fenêtre.
Par la fenêtre, je vois la pelouse du jardin, un petit bout de l’écurie à gauche et à droite, plus loin, la maison de Marijo.
J’aimerais pouvoir sortir et profiter du soleil et même si je ne peux pas aller voir Frédéric, j’aimerais aller à l’écurie et choisir un cheval pour le monter. Je sais que Rochelle a dit à Miguel et Hildegarde de surveiller si je sors de ma chambre.
Ati dit que Rochelle mène Papa par le bout du nez, elle lui fait faire ce qu’elle veut, elle profite de lui. Il ne voit pas ça comme ça Papa, il est amoureux.
Est-ce que je suis amoureuse moi?
Plus tard dans l’après midi…
Tout à l’heure, j’ai dû arrêter d’écrire car Frédéric était à la fenêtre ! Il a pris l’échelle ! Je lui ai ouvert la fenêtre. On a passé tout l’après midi à deux dans ma chambre. On s’est allongé sur mon lit et on a écouté la musique, on n’a pas beaucoup parlé. J’aime bien être avec lui, j’étais bien quand il était là, je n’étais pas toute seule.
Je ne voulais pas qu’il parte mais il le fallait, avant que Rochelle revienne du shoping.
Après j’ai lu un peu. J’ai entendu Papa et Rochelle rentrer, ils ne sont pas encore venu me voir, pourtant je les ai entendu à l’étage.
Il faut que je trouve une cachette pour mon journal car quand Frédéric a frappé à la fenêtre, je l’ai mis sous mon oreiller mais ce n’est pas une bonne cachette. Il l’a vu et il m’a demandé ce que c’était et après il voulait savoir s’il y avait des choses dans mon journal que je ne lui avait pas dit. Non. Je ne crois pas, je dis tout à Frédéric mais parfois, je lui dis les choses après, parce qu’il n’est pas ici, avec moi, mon journal si.
March 09
Je suis dans ma chambre, j’entends Papa et Rochelle qui se disputent en bas.
Hier soir, j’ai fini par m’endormir dans le canapé devant la télé. Je me suis réveillée en sursaut, je ne sais pas pourquoi. Il était 1heure du matin. Si quelqu’un était rentré, on m’aurait réveillé. ça ferme à quel heure les restaurants ? Pourquoi Papa travaille si tard ?
Comme je connais le numéro du bureau de Papa par cœur, je l’ai appelé, il a décroché, j’ai senti à sa voix qu’il était contrarié. Sa voix a changé quand il a compris que c’était moi et que je m’inquiétais. Je lui ai dit que Rochelle n’était pas encore rentrée. Je l’ai entendu soupiré de l’autre côté du téléphone. Il m’a dit de ne pas avoir peur. Je ne suis jamais vraiment seule, Miguel et ses parents vivent dans une dépendance qui donne sur la cuisine. ça m’est égal d’être seule, je n’ai pas peur, même la nuit, je suis en sécurité à la maison, mais je n’aime pas quand je ne sais pas pourquoi Papa ne rentre pas. Il avait de gros problèmes au travail, j’ai dû raccrocher.
Je ne savais pas où était Rochelle, lui non plus. Je suis allée à la porte de la cuisine qui nous sépare de chez Miguel et ses parents et j’ai frappé jusqu’à ce que Miguel vienne. Il est arrivé tout décoiffé dans une robe de chambre affreuse. Je n’aime pas comment Miguel me regarde. J’ai peut-être 8 ans et lui plus de 20, mais c’est moi qui commande chez moi ! Je lui ai demandé de trouver Rochelle.
J’ai cru que ses yeux allaient sortir de sa tête. J’ai insisté : il fallait téléphoner dans tous les restaurants pour retrouver Rochelle. Je crois qu’il n’avait pas envie de passer ces coups de fil, alors je lui ai dit que mon père ne serait pas content quand je lui dirais qu’il n’était pas gentil avec moi. Il a pris le téléphone.
Je ne sais pas comment il a fait, Miguel a trouvé le bon restaurant du 1er coup ! Il a téléphoné, j’ai appuyé sur la touche pour entendre et j’ai entendu l’homme qui disait que mademoiselle Rochelle C. et monsieur V. avaient quitté le restaurant vers onze heures. Mademoiselle… Pourquoi il n’a pas dit madame ? et c’est qui ce monsieur V. ?
J’ai bien vu que Miguel me regardait bizarement ! Il a raccroché et il m’a dit de ne pas m’en faire, que Rochelle devait encore être en ville dans un bar ou alors au casino. Je ne voulais pas pleurer devant Miguel mais c’était trop tard, j’avais des larmes plein les yeux et je ne savais pas trop pourquoi.
Miguel a fait un pas vers moi, je ne sais plus ce que je lui ai crié mais il m’a dit d’aller dormir et il est reparti chez lui en disant un truc comme « elle est impossible cette gamine ».
Je ne suis plus une gamine… et si Rochelle se fait appeler mademoiselle quand elle sort sans Papa, ce n’est pas bon signe… je n’aime pas ça ! Elle s’amuse avec des gens qu’on ne connaît pas alors que Papa a des ennuis au travail ! Je la déteste !!!
Alors hier soir, je ne suis pas allée me coucher comme me l’avait conseillé Miguel. Je suis allée prendre les ciseaux de la cuisine et je suis allée dans la chambre. J’ai vidé toutes ses armoires, j’ai cassé son miroir de coiffeuse en jetant la lampe de chevet dedans, j’ai découpé toutes ses tenues, mêmes les plus belles, les plus chères, j’ai renversé tout son maquillage et j’ai marché dessus. Il y en avait partout…
J’étais très en colère et très fatiguée, je me suis vite endormie après tout ça, et elle n’était toujours pas là… Papa non plus…
Ce matin, il n’y avait que Maria, la maman de Miguel, et Hildegarde. Je suis allée à l’école comme d’habitude, Geoffrey m’a emmenée en voiture et il est venu me chercher ce soir. J’étais de très mauvaise humeur toute la journée.
Ce soir quand je suis rentrée, Rochelle m’attendais dans le salon. Je n’ai pas échappé à la gifle, je m’en fiche ! Elle criait en demandant ce qu’elle avait fait pour avoir une fille comme moi. Je serrais les dents, je la fixais, j’étais très en colère et je n’avais pas envie de pleurer même si ma joue me faisait terriblement mal. Je crois qu’elle voulait me donner une autre gifle quand Papa est rentré. Il a tout de suite vu ma joue rouge, il a posé sa grande main dessus, j’ai senti sa chevalière toute froide. Il m’a dit de monter dans ma chambre. J’étais encore dans les escaliers quand ils ont commencé à se disputer. Depuis, ils crient encore… j’ai entendu quelque chose se casser, sûrement un vase. Je ne sais pas si elle a dit à Papa avec qui et où elle était hier, si Papa sait à quelle heure elle est rentrée cette nuit. Est-ce qu’elle lui raconte ce qu’elle fait quand il reste à son travail ? J’aimerais bien le savoir mais je n’ose pas poser de questions à Papa, j’ai peur de le voir triste… March 03
Je n’ai pas école cet après midi, Hildegarde me prépare mon repas. Je vais me dépêcher de manger car je vais à la plage avec mes amis. C’est la mère de Marijo qui nous y emmène, j’ai hâte !
Il est bientôt 19h, je suis rentré de la plage, Rochelle n’est pas encore là, Papa non plus. Quelques fois, j’aimerais bien avoir un frère ou une sœur, comme ça je me sentirai moins seule à la maison.
A la mer, c’était bien ! On a joué au volley, on s’est baigné aussi, sauf Ati, elle ne sait pas nagé. C’est nul de ne pas savoir nager à 11ans ! Elle a dû s’ennuyer avec la mère de Marijo, sur le sable, en plus, Ati elle n’a pas besoin de bronzer, elle est déjà toute noire ! La mère de Marijo nous a offert une glace. Au bout d’un moment, elle s’est endormie sur sa serviette, on en a profité pour retourner au marchand et on a repris deux glaces chacun !
En revenant à notre place, j’ai poussé Frédéric, il a aterri sur une grosse dame qui bronzait sur sa serviette. Elle avait plein de glace sur le ventre. On a bien ri ! sauf que son mari n’était pas loin et qu’il a courru un peu après nous ! Mais on court plus vite ! Après j’étais sur un rocher et Frédéric m’a poussé dans l’eau, j’ai perdu mes lunettes de soleil dans la mer. Ce n’est pas très grave, je le dirai à Papa pour qu’il me rachète les mêmes, mais je ne dirai pas que c’est Frédéric car Papa ne l’aime pas beaucoup. Il pense que Frédéric est un voyou et que je devrais moins le voir. Je n’ai pas envie d’obéir à Papa car Frédéric c’est mon meilleur ami, et un peu mon amoureux aussi, mais pas devant les autres.
La mère de Marijo nous a dit dans la voiture que nous avions été sages et qu’elle nous reprendrait un jour pour aller à la mer. On avait envie de rire ! Heureusement qu’elle ne nous a pas vu faire nos bêtises ! Sinon, on pouvait faire une crois sur notre après midi plage !
Hildegarde m’appelle… ppfff…elle est chiante, qu’est ce qu’elle veut ??! Je vais voir et je reviens.
Je suis de retour ! Elle voulait me prévenir que Papa est retenu au travail et que Rochelle a prévenu qu’elle rentrerait tard, des amis l’ont invité au restaurant… je vais donc manger toute seule… j’ai demandé à Hildegarde de me préparer un plateau télé avec du saumon. Je téléphonerai à Ati ou Frédéric et après je regarderai une vidéo. En espérant que Hildegarde rentre chez elle après avoir préparé le plateau, je n’aime pas quand elle reste, j’ai l’impression qu’elle m’espionne ! Après tout, quand Papa et Rochelle ne sont pas là, c’est moi la patronne ! Alors je vais lui dire qu’elle peut disposer.
Je me demande quels amis invitent Rochelle au restaurant ?…sûrement des gens qui ne connaissent pas Papa puisqu’il n’est jamais invité… c’est bizarre…elle m’énerve !!!
November 18 petit mot de l'auteur:Avant toute chose : les propos que vous pourrez lire sont ceux de mes personnages et en aucun cas les miens. Vous avez découvert plusieurs de mes personnages au fil des billets, et vous vous rappellez peut-être de Kyllianne, que Laly a évoquée dans ses lettres. Kyllianne a aussi une vingtaine d'années, comme Laly, Calypso, Carmen... et comme elles, elle a été une petite fille... que je vous laisse découvrir à travers son journal qui commence ce dimanche de juin 1988...
Aujourd’hui, Papa m’a offert un journal intime, pour me récompenser d’avoir gagné la coupe au centre équestre. C’est aussi un cadeau pour s’excuser de ne pas être venu me voir, car il avait une réunion. C’est mon premier journal, il est beau : il est bleu marine avec des lettres dorées et il a un petit cadenas avec une clef.
Je ne savais pas trop ce que je pouvais écrire sur ses feuilles. Papa m’a expliqué qu’un journal intime servait à se confier, à dire tout ce qu’on a sur le cœur. C’est secret.
Alors ici je peux le dire :
Je n’aime pas ma mère et elle ne m’aime pas.
Ati, une de mes amies, dit que ma mère n’aime qu’elle, les autres, elle s’en fiche. Je crois que Ati a raison. Rochelle n’est pas souvent à la maison, elle passe plus de temps avec ses amis ou dans les boutiques, les instituts qu’avec moi.
Elle dit tout le temps que je lui donne mal à la tête, j’aime bien lui donner mal à la tête, comme ça, elle avale des cachets et elle s’enferme dans la chambre ou elle s’en va en voiture. Je me sens mieux quand elle n’est pas à la maison.
Le soir, quand Papa rentre, on se raconte nos journées. Si Rochelle est là, elle nous coupe, elle a toujours quelque chose à dire, même si on n’a pas envie de l’écouter.
Quand elle fait ça, je parle allemand. Mon père sait parler trois langues ! Le français, l’allemand et l’anglais. Moi j’en parle deux, l’anglais je ne connais que quelques mots. Rochelle parle l’anglais mais moins bien que Papa et elle n’a jamais appris l’allemand, je crois que cette langue lui donne mal à la tête.
Pourquoi Papa m’aime et pas Rochelle ?
Ati m’a dit que quand j’étais dans le ventre de ma mère, elle a peut-être été malade, alors elle m’en veut. Ati dit aussi que Rochelle ne voulait peut-être pas d’enfant. Mais pourquoi elle m’a fait alors ? Papa, lui, il me voulait. Dans les albums, j’ai vu beaucoup de photos de Papa et moi bébé. Il n’y en a pas beaucoup de moi et Rochelle. Et il n’y en a peu de nous trois.
Avec Papa, je m’amuse et j’apprends plein de choses : il m’a appris l’allemand, à faire du cheval, il m’emmène en bateau, au cinéma, parfois je peux aller avec lui à son travail, il a un grand bureau car c’est le patron.
Quelques fois aussi, on ne fait rien. On est assis sur le canapé du salon ou sur les transats au bord de la piscine et on écoute ses disques. J’aime bien ses disques.
Avec Rochelle, je m’ennuie et quand elle veut m’emmener acheter des vêtements, à la fin de la journée, on a toutes les deux mal à la tête ! Elle choisit des vêtements que je n’aime pas, avec des couleurs moches ou des trucs pour petites filles… Heureusement, j’arrive aussi à lui faire acheter des choses que j’aime. Maintenant, je suis grande, j’ai 8 ans, je ne pleure plus en revenant des boutiques. Avant, je m’enfermais dans ma chambre ou j’allais voir les chevaux à l’écurie et je pleurais parce que je sentais que Rochelle ne m’aimait pas. Elle ne me donne jamais la main et je l’entends parlais avec les vendeuses, elle dit souvent de vilaines choses sur moi. Maintenant, c’est fini, je ne pleure plus.
Je l’appelle Rochelle mais elle ne sait pas que je l’appelle par son prénom. Je dis le moins possible maman.
Une vraie maman, ce n’est pas comme ça. Je connais d’autres mamans, elles ont le sourire quand elles viennent chercher leurs enfants à l’école. Rochelle, elle n’a jamais le temps de venir me chercher, pourtant elle ne travaille pas. Papa, il a un travail très prenant mais il vient quelques fois me chercher et il me dépose tous les matins.
Même la mère de Frédéric, elle vient. Frédéric, il n’aime pas trop quand elle vient à l’école parce qu’elle est en fauteuil roulant. Un jour, on s’est battu avec d’autres élèves parce qu’ils avaient dit des bêtises que sa mère. Ils sont cons les autres.
Frédéric a un an de plus que moi mais ça ne se voit pas. On est dans la même classe. Il ne travaille pas très bien, je crois que c’est parce que sa mère est en fauteuil et qu’ils n’ont pas d’argent. Son père est parti avec une autre femme après l’accident. Frédéric dit que c’est un con, je crois aussi.
Il vit qu’avec sa mère dans une toute petite maison. Elle est si petite qu’on pourrait en mettre quatre comme elle dans la mienne ! il y a aussi un étage mais avec deux pièces seulement. Comme sa mère ne peut plus monter, on a transformé sa chambre en repaire. A l’étage, c’est comme si c’était chez Frédéric ! On a ramené plein de choses pour notre repaire : des coussins, un coffre, une petite table et mon ancienne chaîne hi fi. Frédéric n’invite personne chez lui, sauf moi ! Et seulement quelques fois, il a invité Ati et Marijo mais c’était surtout pour qu’elles nous aident à monter les choses les plus lourdes, comme le coffre. Elles sont plus grandes que nous, elles ont onze ans.
Ati n’habite pas loin de chez Frédéric. Ses parents travaillent à la coop, dans leur quartier, tout le monde les connaît. Moi je ne les ai pas vus souvent, je ne suis allée dans ce magasin que pour aller chercher des bonbons et des boissons une ou deux fois. Ati est noire et elle a plein de frères et sœurs que je ne connais pas. Papa ne l’aime pas beaucoup, il dit qu’elle est hardie et qu’il faut que je fasse attention car elle pourrait être mon amie parce que je suis plus riche qu’elle. Il m’a aussi dit de ne pas me laisser faire car même si je suis la plus petite, ce n’est qu’une noire. Je ne sais pas trop pourquoi les gens de couleurs sont moins bien que les blancs, mais c’est comme ça, ça a toujours été comme ça. A la maison, on a des domestiques, il y a bien sûr ceux qui s’occupent du jardin, des chevaux, de la piscine mais je ne leur parle pas souvent. Ceux que je vois le plus ce sont Maria, Nuno et leur fils Miguel car ils s’occupent de la maison et de nous. Et il y a aussi Hildegarde, elle m’aide aux devoirs et elle me garde quand Papa et Rochelle ne sont pas là.
Marijo, c’est mon autre copine et c’est aussi ma voisine. Nos parents s’invitent souvent pour dîner, quand son père est là. Il est militaire et il voyage beaucoup. Marijo a un grand frère, tous les deux ils veulent faire militaire plus tard. Moi plus tard, je voudrais m’occuper des chevaux, avoir un haras.
Voilà, je crois que pour aujourd’hui, j’ai raconté assez de choses.
Anilèm S. "Le journal de Kyllianne" débuté en juin 2007.
October 25
Thérapie par lettres... c’est un début qu’il disait le psy ! Maintenant c’est un besoin, j’évacue sur le papier !
Au départ, je devais écrire quand j’en avais envie, chez moi, pour pouvoir lire mes écrits au psy et en discuter avec lui, c’était une espèce de tremplin. La dernière lettre, je ne l’ai pas lu entièrement, le psy m’a fait stopper pour une phrase : « ... c’est un véritable problème aussi... (en plus d’un autre, dont je n’arrive pas encore à parler, même si je tourne autour...) ».
Il n’était plus utile de lire la suite, fallait cracher le morceau. Le silence s’est éternisé.
J’étais assise en face de cet homme grisonnant d’une bonne quarantaine d’années qui me fixait, j’en ai fait autant quelques minutes, en silence. Le seul bruit provenait d’un chronomètre, tic, tac, tic, tac, impossible de déborder de la demi-heure !
Quelques minutes dans un silence pesant, c’est fou tout ce qui passer par la tête ! Il a reformulé sa question, des dizaines en découlaient et je ne cessais de répertorier toutes les raisons qui faisaient que j’étais assise sur cette chaise...
Je consulte un psy parce que je suis enceinte et que lorsque je l’ai appris, je voulais y mettre un terme, sans prendre en compte l’envie de paternité de Dylan. C’est lui qui m’a conseillé d’aller voir un psy. Je suis là parce que je suis folle amoureuse d’un homme qui est loin de me faciliter la vie, parce que ses actes auront encore de l’importance dans dix ans et que je ne sais pas comment on pourra gérer tout ça...
Décider de garder un enfant c’est faire le choix de toute une vie...
Calypso est tombée enceinte avant de savoir que Dylan était son frère, demi... elle a choisi d’avoir cet enfant, qu’importe leur lien de sang. Je pense qu’il serait plus simple que Dylan se contente de n’être que l’oncle de ce bébé, puisque Calypso a Eddy dans sa vie à présent et que celui ci fera sans aucun doute un très bon père. On en a déjà parlé, il ne sait toujours pas ce qu’il fera, il dit qu’on a le temps, encore plusieurs mois... Ce serait tellement plus simple pourtant, plus simple à expliquer aux enfants plus tard. Non, en fait rien n’est simple ! Dylan et Calypso ne se regarderont jamais comme de simples frère et sœur, alors qu’en sera-t-il de nos enfants qui seront eux aussi demi frère et sœur ??? Quels liens devra-t-on leur inculquer ?
Si Dylan décide d’assumer sa paternité, il va être servi...
Dylan et sa manie de jouer avec le feu ! Il s’amuse à jouer les séducteurs, à tenter le diable, ce qu’il ne comprend pas c’est qu’en jouant, il se tente lui-même ! Et qu’il ne sait pas dire non... C’est vrai que Mado lui tournait autour, mais comme une fille timide, comme une jeune femme qui découvre qu’après ses parents et sa marmaille de frères et sœurs, elle a le droit d’avoir sa vie à elle, qu’elle peut plaire et qu’on peut la séduire, tout en étant très maladroite et n’osant pas car elle n’a jamais vécu ça. Je le savais, je ne m’en affolais pas. Je ne pensais pas qu’elle était dans la case possibilité même si elle fait partie du cercle restreint d’amis de Dylan. Physiquement elle est plus que banale, même pas si jolie que ça ! Assez grande avec de longs cheveux raides, bruns, une frange qui semble être coupée aux ciseaux par quelqu’un de sa famille et des grands yeux clairs qui lui donnent un air crédule. Ses hanches sont assez fortes pour son buste menu. Et à part de sa famille qui l’étouffe, je ne sais pas de quoi elle peut parler ! Je sais, on pourrait me répondre que Dylan se fout de sa conversation, mais je sais que c’est faux, car le pire de tout c’est qu’il l’apprécie... ce n’est pas juste un coup d’un soir pour oublier que je l’oblige à l’abstinence depuis plus de deux mois maintenant... Au même titre que ses amis, elle compte...
Pourquoi on a accepté de retourner à un de ces week-ends organisés pour fraterniser avec les copains des copains, les voisins... ? Rien que par le fait qu’il y a toujours beaucoup de monde et qu’en ce moment, vu mon état, j’aimerais mieux m’enterrer vivante, on aurait mieux fait de refuser.
Tout le monde est arrivé à plusieurs heures de décalage, comme souvent. Dylan est arrivé avant moi, il ne finit jamais tard le vendredi, Calypso attendait qu’Eddy rentre du boulot, moi je suis arrivée en soirée avec une collègue et amie. Mado était déjà là elle aussi, heureuse d’échapper à sa grande famille pour le temps d’un week-end avec des personnes de son âge. Dylan me soutient que ça ne s’est pas passé à ce moment là, après tout qu’est ce que ça peut faire ? Il m’a trompé! Il s’est permis de croire pendant un moment que je n’existais pas, qu’il était à nouveau libre comme l’air ! Et elle qui a une bonne réputation dans le quartier, qui se confinait jusqu’à présent au rôle de maman de substitution pour tous ses frères et sœurs, elle a cédé à ses envies en occultant le fait qu’elle allait faire d’un homme marié son premier amant !
Je ne sais comment, Calypso l’a découvert avant moi et pour protéger Dylan, pour éviter une autre crise dans notre couple, elle s’est retrouvée complice. Malade de jalousie, elle a quand même essayé de dissimuler ce que Dylan avait fait, de lui trouver des excuses. Elle ferait tout pour lui, mais rongée comme elle l’était par la colère et la déception, elle ne mentait pas bien. J’ai compris qu’une fois de plus, Dylan n’avait pas su dire non.
Cela m’a anéantie. Dylan devait s’attendre à des cris, de la colère, des pleurs peut-être... rien. J’ai voulu partir, on m’a retenu, je suis restée, là, abattue. Il n’y avait plus rien à faire et je ne comptais pas faire la moindre chose. C’était comme ça, il fallait que je me fasse à l’idée.
Juste après ce week-end là, mon père est arrivé du Brésil. Il ne devait rester que quelques jours et repartir avec ma mère ! Oui, elle est toujours chez nous... Evidemment elle me trouve bizarre, taciturne, je ne lui ai rien dit pour Mado, de toute façon j’évite de lui parler de mes problèmes, elle chercherait à m’aider et ça serait pire ! Ses réflexions à longueur de journée sur ma manière de vivre en étant enceinte, c’est suffisant !!
Mon père a vu, lui aussi, que je n’allais pas bien. On a profité de se retrouver qu’à deux pour parler. Je lui ai expliqué que la grossesse n’était pas voulue au départ, que ma relation avec Dylan était assez compliquée. Au fur et à mesure, j’ai réussi à me confier à lui, entre la colère et la lassitude, je lui ai tout dit. Il m’a écouté puis ces mots sont tombés : tu n’es pas heureuse avec cet homme, quitte-le. J’ai commencé à élever la voix, à lui dire qu’il ne comprenait pas... Je n’ai pas eu le temps de poursuivre, mon père a eu un malaise. On l’a conduit d’urgence à l’hôpital, où il est resté plusieurs jours en observation. C’était son cœur. J’ai cru que c’était la fin, que mon père allait rejoindre sa première fille, que lui aussi allait me laisser seule, les médecins nous ont rassurés puis ils nous ont dit qu’il devrait se ménager à l’avenir.
Lorsque je suis retournée voir mon père à l’hôpital, il est revenu sur notre dernière conversation. Il m’a dit qu’il comprenait mes sentiments pour Dylan et qu’il n’aurait pas dû prononcer ces mots, que j’étais seule à savoir ce que je devais faire, et que je serais sûrement encore plus malheureuse sans Dylan.
Quand je suis sortie de la chambre, Dylan était là, je crois qu’il ne m’avait jamais serrée aussi fort dans ses bras. Après tout ce que je venais d’endurer, je n’avais pas le cœur à dire certains mots et ça n’avait aucune importance car nos regards s’étaient trouvés. Ses yeux dans les miens, c’est là que je suis le mieux, on n’a pas besoin de mot.
La vie a suivi son cours, on n’a pas reparlé de ce week-end. Mes parents sont repartis au Brésil, je les ai accompagnés. Je pensais qu’un séjour au loin, seule me ferait du bien. C’est vrai je me suis reposée, cependant le manque était là et je ne fus pas mécontente de rentrer. Calypso et Carmen, la meilleure amie de Dylan me confièrent que celui-ci n’avait pas été des plus agréables pendant mon absence, c’était certainement sa manière de montrer son manque et sa peur de me perdre.
Je pensais qu’on pourrait repartir sur le bon chemin... les problèmes liés à ma grossesse étaient toujours là, de plus en plus présent, comme moi... je grossis de semaine en semaine ! La vie a continué... et elle nous a rattrapés...
Dylan est rentré un soir, plus tard que d’habitude, l’air déconfit. J’ai compris que j’allais encore devoir faire face, je n’en avais pas la force, je n’avais pourtant pas le choix. Il a prononcé trois mots qui m’ont coupé les jambes : Mado est enceinte. Les mots qui suivirent furent pires, j’ai cru qu’on avait retiré tout l’oxygène de la pièce, j’allais m’écrouler c’était sûr... Elle attend des jumeaux. Des jumeaux !
Quand tout s’acharne, je crois qu’il y a un moment où on perd la raison, j’en étais à ce stade. Je suis allée voir Mado, je lui ai demandé de renoncer à cette grossesse, j’ai même été jusqu’à lui dire que je prendrais tous les frais en charge. Elle ne pouvait pas les garder, ce n’était pas possible. Elle m’a expliqué qu’elle avait fait le nécessaire dès le lendemain pour éviter d’être enceinte mais qu’elle avait été très malade et qu’elle n’avait pas pensé que ça annulerait les effets de la pilule. Elle ne savait pas bien ce qu’elle allait faire, elle vivait encore chez ses parents, elle finissait la fac de lettres, elle savait qu’elle serait seule pour élever ses enfants, que ce ne serait pas facile, néanmoins, elle ne pouvait se résoudre à avorter. Pendant qu’elle parlait, je revoyais tous les rendez-vous que j’avais pris pour qu’on me retire ce truc que j’avais décidé de garder, ce truc qui s’est avéré être deux... et plus elle parlait plus je réalisais qu’au fond de moi étaient en train de grandir deux êtres que j’aimais déjà à la folie et que c’est pour eux que j’étais en train de perdre la tête. Je suis repartie de chez Mado, en réalisant que je ne pouvais rien faire contre le fait que Dylan aurait cinq enfants... de trois mères différentes... il ne me restait plus qu’à me focaliser sur l’essentiel : mes enfants auraient leur mère et leur père sous le même toit, 24h sur 24h, j’aime Dylan et il m’aime.
Je suis rentrée, Dylan m’attendait, il ne savait pas où j’étais allée. Je lui ai dit que c’était moi sa femme, d’un coup ce mot prenait un autre sens, beaucoup plus d’importance. Je lui ai rappelé que je portais nos enfants, qu’il n’avait pas le droit de les faire passer au second plan, qu’on comptait plus que quiconque. Je sentais les larmes roulaient sur mes joues et s’immiscer aux creux de mes lèvres, après tout ce que je venais d’endurer, je savais que d’autres épreuves nous attendaient, j’avais le cœur en miette, j’avais peur mais ça n’avait aucune importance car nos regards s’étaient trouvés. Dylan vint m’entourer de ses bras puis ses yeux plongèrent dans les miens, je n’étais pas seule, c’est ensemble qu’on allait faire face aux évènements qui arriveraient. Il me regardait, il me demanda pardon, je fixais ses yeux bleus, on n’avait pas besoin de mot...
C’est le lendemain que je me suis retrouvée devant le psy avec ce foutu silence ! J’ai ressenti une foule de sentiments différents, passant de la rage au désespoir, de la faiblesse au courage, de la honte à la fierté puis j’ai fini par relever la tête, je l’ai regardé et j’ai tout déballé en terminant par le plus important : La thérapie par lettres pouvait exister sans lui. J’allais continuer avec Dylan, et étant donné que j’avais pris conscience que c’était bien mes enfants que j’abritais au fond de moi et pas des « aliens » ou je ne sais quoi ; qu’aujourd’hui, je ne regrettais pas de les avoir garder, alors je n’avais plus besoin de ces séances. J’étais heureuse de fonder une famille avec Dylan, aussi imparfait soit il...
Anilèm S. (L. Vegas j'attends tes coms et ton accord! ;0) )
écrits octobre 2007
July 15
Je ne sais plus comment m’habiller ! (déjà !!) Mes cuirs sont trop serrés, mes T-shirts me collent ! J’ai pris un peu de ventre, pas mal de la poitrine, moi qui suis plate comme une limande d’habitude ! Je me sens bizarre avec une poitrine... même mes jambes ne sont plus aussi bien qu’avant... remarque... je ne fais plus de sport, il va falloir que je m’y remette !
Alors voilà, il y a la case « possibilité » et parfois je me demande si je suis encore dedans... finalement... on n’a pas refait l’amour depuis ce jour dans la cuisine. J’ai oublié de vous dire : je suis rassurée sur un point, on a demandé une prise de sang prénatale et on a eu les résultats, c’est bien Dylan le père.
Un enfant... de Dylan, certes, seulement c’est l’idée d’avoir un être en moi qui me dérange... Dylan se marre car il dit que j’en parle comme d’un alien... et vous voulez que je vous confie un truc drôle ???!!!! Un point bien moins bon que le premier... Eh bien, je suis retournée faire une écho... ce n’est pas un alien que j’attends... c’est 2 ! Des jumeaux, des faux jumeaux. Dylan est devenu pâle comme un linge et moi j’ai faillit m’évanouir ! ou hurler ! les deux peut-être ! Comment je pourrais me sentir bien en sachant que j’ai deux bébés dans le ventre... DEUX !! Je vais être énorme...
J’ai beau me regarder dans le miroir, enfermée à double tour dans la salle de bain, je ne vois pas en moi ce qu’il pourrait y avoir de désirable... C’est moche une femme enceinte. Dylan essaie de me convaincre du contraire, me dire que c’est passager, qu’il m’aime... Je sais qu’il serait un des derniers à s’extasier devant un gros ventre de femme enceinte, alors qu’il arrête de me dire n’importe quoi !!! Il faut être réaliste ! Je l’aime, pourtant s’il prenait 10,20 ou 30 kilos, je le trouverais bien moins désirable ! Je n’aurais peut-être plus envie de lui de la même manière... plus autant, comme en ce moment... ... oui, ça c’est un véritable problème aussi... (en plus d’un autre, dont je n’arrive pas encore à parler, même si je tourne autour...)
J’ai envie de faire l’amour avec Dylan, ça me manque nos corps à corps, sa peau nue contre la mienne... quand on va se coucher, je suis couverte au possible ! Pas envie qu’il me voit nue ou même en petite tenue, impossible. Après m’être scrutée dans les miroirs, maintenant je les évite. Je ne dis pas qu’avant j’étais narcissique au point de me détailler dans chaque miroir, seulement, avant, je savais que je pouvais plaire. Je n’étais pas parfaite et irrésistible, néanmoins je sais que j’étais une beauté particulière. Une métisse brésilienne aux yeux verts, blonde de surcroît, ce n’est pas commun. Dis comme ça, ça fait « bomba latina » comme le dit Calypso... mais, sur une silhouette qui n’était pas désagréable à regarder, il faut imaginer la dégaine... un manque évident de féminité (à part mes cheveux longs que j’attache tout le temps), des seins inexistants (enfin... avant !) des fringues de mecs, à part mes cuirs bien taillés, mes T-shirts et mes chemises je ne les trouve pas au rayon femme. Je ne déambule pas comme une « bomba latina » mais plutôt comme une baroudeuse, et à part au boulot où je fais attention à mon langage, et encore pas toujours... je ne parle pas comme une jeune fille de bonne famille, même si j’en suis une...
Anilèm S. (et L.Vegas) écrit en 2007
Pour la suite, il faudra attendre mon retour des vacances... et logiquement je devrais revenir avec d'autres histoires...
July 12 Je l’ai appelé ce jour là, dans l’après midi, je sentais bien qu’il me cachait quelque chose. En plus, ce n’est pas des filles avec qui il s’entend très bien, enfin, surtout Valentine. C’est encore une gamine et Dylan n’a pas l’habitude de fréquenter les ados ! Même ceux qui essaient de se donner 5 ans de plus ! Kyllianne... c’est une autre histoire ! Elle est dans notre tranche d’âge et je sais que Dylan et elle ont plusieurs points communs, de par leurs vécus et de par leurs caractères ! Alors parfois ils s’entendent bien et d’autres fois ils sont comme chien et chat ! C’est une vraie teigne cette fille, elle se croit tout permis ! Elle veut quelque chose, elle ne demande pas, elle prend ! Alors quand je sais qu’il a passé la journée avec elle et sa miniature, je me dis que j’ai de quoi m’inquiéter !
J’avais envie de faire un scandale quand il est rentré, tard, parce que me dire que Kyllianne avait besoin d’un chauffeur, ça ne me convenait pas du tout comme excuse ! Depuis quand elle ne peut pas le conduire toute seule son cabriolet ??? Et depuis quand Dylan est aux ordres de mademoiselle ? Et pourquoi lui demander à lui de conduire alors qu’il ne conduit jamais de voiture ?? Autant il est à l’aise sur une moto autant c’est un vrai danger public en bagnole !
J’avais envie de lui crier qu’il mentait encore. Il est revenu crevé et l’air préoccupé. Je lui ai demandé calmement de me dire la vérité. Valentine avait été mêlée à une sale histoire lors d’une précédente soirée du quartier, Kyllianne s’en inquiétait. Elle a le caractère qu’elle a, pourtant elle réagit avec Valentine comme une grande sœur le ferait, à l’écoute, complice et protectrice. Apparemment, elle devait vraiment se sentir impuissante pour demander de l’aide. Dylan a fait office de psy bénévole, c’est tout. Quand je pense que moi je suis obligée d’aller voir un autre psy ! Tout ça parce que Dylan ne peut pas être mon mec et mon psy, ça m’énerve !!
J’ai revu Valentine peu de temps après, elle était différente de d’habitude, plus renfermée, agressive. C’est malheureux à dire... la manière dont Kyllianne la regardait et se tenait à ses côtés montrait à tous que cette fille pouvait s’intéresser à quelqu’un d’autre qu’elle-même et avoir un cœur... Dylan ne m’avait pas menti même s’il ne m’avait pas expliqué la situation en détails.
Je tiens à lui refaire confiance, seulement il ne fait rien pour m’aider !
Kyllianne je m’en suis toujours plus ou moins méfiée. Jolie bourge, sûre d’elle, un peu déséquilibrée parfois... Depuis qu’on la connaît, elle a toujours eu une relation d’attirance et de rejet avec Dylan, ce que j’ai du mal à comprendre. Néanmoins, rien que par son physique et sa personnalité, je m’en méfie, elle est dans la case « possibilité ». Eh ! oui... j’en suis là avec ma jalousie... jalousie ou manque de confiance ? En qui ? En Dylan... il m’a trop souvent menti. En moi aussi peut-être... j’ai encore pris quelques kilos, je me sens mal avec ces kilos en trop... oui, je sais, c’est NORMAL : je suis enceinte. On peut me le dire, je peux le savoir, ce n’est pas pour ça que j’accepte de voir mon corps changer...
Anilèm S. (écrit avec l'aide de L.Vegas en 2007) July 01
J’ai ouvert un nouveau document Word, je ne tiens pas à relire ce que j’ai écrit avant...
Finalement, ce n’est pas une mauvaise idée d’écrire... surtout qu’en ce moment je ne dis plus rien... fatiguée de râler, gueuler, me disputer, me plaindre... en tout cas de vive voix, parce que je sens que sur cette page, je vais pouvoir me défouler ! Je n’ai pas envie que ma vie de couple ressemble à un amas de disputes et de crises !
J’aime Dylan, je ne veux pas le perdre, je sais que c’est réciproque même si parfois je me dis qu’il ne fait rien pour que ça aille...
Enfin... lui il me laisse vivre quand même ! Il ne m’étouffe pas comme ma mère !!! « Fais pas ci, fais pas ça ! Tu ne vas pas prendre ta moto ?C’est dangereux ! Tu ne manges pas ? Ce n’est pas bon pour le petit. Avant tu mangeais comme 4 et maintenant que tu es enceinte, tu ne manges plus rien ! Non, pas de café pour Laly, elle ne peut pas avec le petit ! ça sent la cigarette ! Tu as fumé ? Tu ne dois plus fumer, ce n’est pas bon quand on attend un enfant ! et bla bla bla et bla bla bla... »
Parfois, j’ai l’impression que c’est son môme que je porte ! Ou pire, que je ne suis plus qu’un ventre en gestation ! Je sais qu’elle désire un autre enfant depuis un moment, parce qu’elle aimerait avoir un garçon mais elle n’est pas obligée de me couver comme ça ! Elle n’a toujours pas réussi à convaincre mon père qu’un bébé serait idéal après avoir eu sa dernière fille, il y a 21ans, moi. Elle a eu le malheur de me demander mon avis... Je ne lui ai jamais dit mais pour moi, c’est comme si elle voulait remplacer ma sœur... alors je me suis toujours opposé à cette idée d’enfant et je ne m’en suis pas cachée. Aujourd’hui, je lui en voudrais encore plus si elle tombait enceinte... maintenant qu’elle va être grand-mère !
un petit bout de suite! le reste arrivera plus tard!!
Avoir ma mère chez nous, ça n’arrange vraiment rien ! Elle me tape sur le système ! Je suis à cran, à bout, lessivée... Dylan aussi sature, il faut dire qu’elle est là depuis plusieurs semaines... Avec elle, c’est toujours pareil : on sait quand est-ce qu’elle arrive (et encore ! Pas toujours !)mais on ne sait jamais quand est-ce qu’elle repart ! Il essaie de la convaincre de repartir bientôt. Il est possible que mon père vienne, ainsi ils repartiront au Brésil ensemble. Je n’ai pas très envie d’annoncer la nouvelle à mon père... j’ai encore du mal à me faire à l’idée que j’attends un enfant, que je vais être maman...
Je crois que le fait d’être enceinte me rend encore plus jalouse... On habite dans un tout nouveau quartier où tout le monde s’entend plus ou moins bien, on se connaît tous, il faut dire que la majorité des habitants à notre âge. Et en plus de se croiser au cours de la journée, il y en a toujours un pour organiser une soirée et y convier la plupart des gens. Alors on se lie avec diverses personnes, à qui on fait appel de temps à autre pour x raisons. C’est ainsi que Dylan a passé toute une journée avec deux de nos voisines...
Anilèm S. (avec la participations de L. Vegas, merci Poulette!!) 2007 May 02
Je n’ai pas pu... Je n’ai pas réussi à aller jusqu’au bout. ça ne m’arrive pas souvent de pleurer... Je me souviens de mettre effondrée dans les bras de Dylan, j’étais perdue. Je le suis peut-être moins mais je n’ai pas encore retrouvé pied !
On a décidé ensemble qu’il fallait que j’aille voir un psy, que je puisse en parler avec une personne compétente, extérieure, pas le psy que j’avais vu à l’hôpital pour l’avortement. Dylan a contacté un de ses confrères et il a pris rendez-vous pour moi, comme si j’étais une de ses patientes. Eh ! oui... le psy qui vous a appelé c’est Dylan... mon mec, enfin... mon mari, puisqu’on est marié...
Je n’arrive pas à parler, j’ai toujours été comme ça. Même avec Dylan je n’y arrive pas ! Pourtant, c’est mon mec et il est psy en plus ! Oui ! Je sais... Il ne peut pas faire le mari, l’amant, le psy et le futur père ! Vous me l’avez déjà dit...
On s’est donc vu une fois. A la fin de l’entretien, j’ai retenu que j’étais plus prête à le garder qu’à m’en débarrasser, seulement je me suis rendue compte que j’avais besoin d’aide, besoin d’une personne avec qui parler de tout ce qui me traverse l’esprit. Ce bilan ne m’a pas trop plu, néanmoins j’ai décidé de renouveler l’entretien.
Je n’ai pas gardé cet enfant pour faire plaisir à Dylan (il me l’a posé aussi cette question !), je n’ai pas avorté car je savais qu’après jamais je n’aurais pu me regarder à nouveau dans une glace et encore moins regarder Dylan en face.
En fait, c’est la grossesse qui me fait le plus peur... parce que c’est moi qui le porte, qui l’ai dans le ventre, je suis seule face à ça.
Je ne me sens pas non plus prête à m’occuper d’un bébé, je ne l’ai jamais fait et je ne m’en sens pas vraiment capable, seulement, Dylan pourra gérer avec moi, il sera là. Si moi je ne me sens pas à la hauteur, je ne m’en fais pas pour Dylan, j’ai confiance ! Si seulement on pouvait zapper des morceaux de vie ou appuyer sur avance rapide ! Allez ! Hop ! On zappe les neuf mois de grossesse et l’accouchement et hop ! On est parent !
Anilèm 1er octobre 2006 (toujours avec l'aide de L. Vegas)
suite au prochain épisode!
April 24 J’ai passé un entretien avec une infirmière, j’ai dû faire une écho. Bien sur que c’est tout petit, que ça ressemble davantage à un haricot qu’à un enfant, vous savez que c’est une vie et en plus elle est dans votre chair, dans vos entrailles... et forcément vous repensez à votre mère qui est restée sur ses positions de bonne catholique brésilienne et qui affirme, malgré son ouverture d’esprit, que l’avortement est un crime ! Le doute s’installe...
Dylan a su rester objectif. Il n’a jamais voulu m’imposer son désir d’enfant, sachant que je n’en désirais pas. Il tenait à respecter mon choix. Après tout c’est moi qui le porte ! pas lui ! Il m’a quand même dit qu’il n’est pas toujours pour l’avortement... pas quand le couple s’aime, est en âge d’avoir des enfants, qu’il n’y a pas de problème d’argent, bref quand il y a de quoi lui offrir un bon foyer... ça aussi ça m’a fait réfléchir... seulement je restais persuadée de ne pas en vouloir.
En plus quand j’ai su de quand cela pouvait dater, j’ai réagi que cet enfant n’était peut-être pas celui de Dylan... Il n’y a pas eu deux jours d’intervalle entre ma nuit avec Hugo et la cuisine avec Dylan ! L’angoisse. En même temps avorter de l’enfant d’Hugo me paraissait plus facile... J’ai donc décidé d’avorter (euh... pas par le biais de l’hôpital... une collègue journaliste avait trouvé un plan plus rapide, illégale mais au moins, ça ne nécessitait pas d’autres entretiens avec des infirmières, assistante sociale, gynéco, psy...) j’ai donc pris un rendez-vous. Pourtant, plus j’approchais du moment fatidique, plus j’angoissais à l’idée que cet enfant pouvait aussi être celui de Dylan... Dylan qui avait tenu à m’accompagner. Je pense qu’il se demandait dans quels genres de condition cela allait se passer. Parfois je me demande s’il n’a pas fait exprès de venir ! En se disant que sa présence me ferait changer d’avis !
La veille, il m’avait demandé si de savoir que c’était bien lui le père changerait quelque chose, j’ai répondu non. Je ne sais pas si j’essayais de m’en persuader ou si j’avais dit le contraire de ce que je pensais...
Anilèm S. (grâce à la participation de L.Vegas!) octobre 2006
suite très prochainement... n'oubliez pas de laisser vos commentaires! ;0) April 18 Là où ça se complique (encore !) (et je ne vous ai pas encore parlé de ma mère !) c’est que Calypso est enceinte, oui je sais je l’ai dit. Seulement ce n’est pas Eddy le père, c’est Dylan ! Moi je trouve que ce serait plus simple qu’Eddy soit le père de cet enfant. Oui, parce que je ne vous ai pas dit ! : Calypso a su par son père que Dylan était son demi-frère ! Ils sont de mères différentes... Ils l’ont su très récemment... Je suis d’accord qu’ils ne pouvaient pas le deviner : Dylan a grandi a la DDASS sans rien connaître de ses parents, sauf de sa mère puisqu’il porte son nom. Toutefois, maintenant qu’ils savent qu’ils sont frère et sœur (demi ! je sais ! ils le répètent assez souvent !) ils pourraient quand même se comporter autrement ! Et puis quoi ! Qu’est-ce qu’ils vont expliquer au gamin quand il sera plus grand ? Dylan est à la fois son père et son oncle... super ! Je ne pense pas que ce soit très sain pour le môme, seulement ce n’est pas à moi de décider de tout ça. J’en ai parlé à Dylan, il réfléchit... Je sais que je l’ai fait souffrir en lui expliquant mon point de vue, car lorsqu’il a su que Calypso était enceinte, moi je ne l’étais pas encore et ils ne savaient pas pour leur lien de sang, il était ravi : il allait être papa ! Ça lui tient à cœur, c’est important pour lui, alors imaginez sa tête quand j’ai dû lui dire : j’ai fait un test, je suis enceinte, je ne compte pas le garder ! Le souci c’est que ne pas le garder ce n’est pas comme jeter un chewing-gum qui n’a plus de goût ! ou de recracher un pépin ou une arrête ! April 16 Bon d’accord, c’est vrai, même si la situation n’était pas aussi compliquée, j’aurais réagi de la même manière, à la base, je ne veux pas d’enfant. Je ne me sens pas prête. Je n’ai pas envie de faire une pause dans ma carrière qui commence à peine ! Encore, dans quelques années, adopter... pourquoi pas ? Mais d’un môme qui aurait déjà 4 ou 5 ans. Pas un bébé ! Et le porter neuf mois ! NEUF ! 9 !!! 1 mois ½ de fait déjà... mais le pire est à venir. Je le sais. J’ai déjà pris 4 kilos ! 4 !!! Je le vois à mes cuirs, ils sont plus serrés aux cuisses. De toute façon j’ai dû prendre de partout ! Dylan dit qu’il ne l’a pas remarqué, je suis sûre qu’il ment !
Mon ventre n’est pas encore rebondi... par contre celui de Calypso, on dirait un petit ballon ! C’est incroyable, ça ne fait qu’un peu plus de deux mois ! Elle a pris du ventre et des seins, c’est tout. Elle est toujours aussi fine, pourtant elle mange correctement maintenant.
Je crois qu’elle a trouvé un équilibre avec Eddy qu’elle n’avait pas avec Dylan... ça fait quelques semaines maintenant qu’on a mis les choses à plat, tous les 4... J’ai cru plus d’une fois que Dylan allait mettre Eddy dehors ou lui mettre son poing dans la figure, mais il a tenu bon, à part quelques réflexions désagréables qu’il n’a pas pu s’empêcher de lancer ! Il faut dire que Calypso le défier du regard, je crois qu’elle aurait été capable de le gifler s’il avait touché Eddy.
Oh ! Et puis, même si j’ai eu mal pour Dylan, car je sais que ça fait mal, j’ai bien ri intérieurement et ne me suis pas retenue pour sourire lorsque Calypso leur a dit : « Je vous aime tous les deux » Elle l’a fait exprès j’en suis sûre ! Elle non plus elle n’a pas avalé le fait que Dylan nous ai dit à toutes les deux cette phrase, mot pour mot. Dylan en a perdu ses couleurs !
Eddy et moi savons très bien qu’on ne pourra pas empêcher Dylan et Calypso de se voir, on sait pertinemment aussi qu’il se passe encore des choses entre eux... mais pas devant nous... officiellement je suis la femme de Dylan, nous vivons ensemble, chez moi qui est devenu notre chez nous. Calypso vit chez Eddy et son petit frère à présent, en fait, juste en face de la maison où elle habitait auparavant.
Le mercredi je bosse, Eddy aussi, pendant que Dylan profite de son repos pour être avec Calypso, ils ont besoin de leurs moments à eux... il me dit qu’ils ne couchent pas ensemble, je le crois. Je ne dis pas qu’ils ne se passent rien, mais sur ça je le crois.
Encore un peu de patience pour la suite... merci de me lire et de prendre le temps de me donner vos impressions! à bientôt! April 14
Quand je pense qu’elle a organisé ses journées de ménage (elle bosse chez plusieurs voisins dans le quartier en attendant de reprendre ses études de droit) en fonction des emplois du temps de Dylan et Eddy ! Donc : mercredi c’est Dylan et le lundi c’est Eddy vu qu’il a sa journée !
Je revois la tête de Dylan quand il a compris qu’elle avait modifié ses horaires pour voir Eddy en cachette, pendant que lui bossait ! Il était vert !
Décidément, ce week-end sur l’île a compliqué les choses au lieu de les simplifier ! Par vengeance, parce que Dylan avait couché avec Marika, moi j’ai couché avec Hugo, dans la mer, en pleine nuit, éclairée par les lumières de la plage, sur laquelle on a fini la nuit... Calypso, elle, s’était rapprochée d’Eddy avec qui elle s’entendait déjà bien, pour faire chier Dylan, certes ! Mais aussi parce que Eddy parle tellement qu’en l’écoutant, on n’a pas le temps de penser à autre chose ! Je n’aurais pas cru qu’elle aurait couché avec lui, pourtant si, et avec plus de cœur que je ne l’aurais supposé ! Moi avec Hugo, c’était juste un soir, comme ça. On se parle encore, et sauf quand Dylan est dans les parages, il n’y a pas de gêne. Calypso, elle, elle a continué de voir Eddy, pas seulement comme ça, par hasard dans la rue principale, mais pour boire un café, pour l’écouter parler de je-ne-sais-quoi, de toute façon, Eddy a toujours un truc à raconter ! Il est saoulant ! Et quel maladroit ! C’est du genre à se prendre forcément un pot de peinture s’il passe sous l’échelle d’un peintre ! Ou alors il serait capable de ne pas voir qu’il manque une plaque d’égout et de tomber !Bah ! Tiens ! Sur l’île, il a trouvé le moyen de se faire pincer le gros orteil par un crabe ! Un danger ambulant ce mec ! Mais en même temps je comprends que des sentiments se soient développés entre deux, ils se ressemblent... comme je ressemble à Dylan. Et autant Calypso est très différente de Dylan (sauf leur esprit commun pour la luxure !) autant je ne me verrai absolument pas avec un type comme Eddy ! Le calvaire !
Vous pensez que je m’éloigne du sujet là ? Je sais, je suis censée parler du bébé... mais de toute façon on va se voir jusqu’à ce qu’il pointe son nez ! alors on a le temps d’en parler, et puis... il faut bien comprendre le contexte dans lequel je vis, dans quelles circonstances mon couple évolue...
Anilèm 1er octobre 2006 (toujours avec l'aide de L. Vegas)
suite très bientôt!
April 12 Laly s'assit à son bureau, devant son ordinateur et resta un moment sans rien faire.
Elle repensait à cette deuxième séance chez le psy, heureusement qu'il y en avait eu une première! parce que cette fois, elle avait à peine ouvert la bouche... Elle avait tellement de mal à exprimer tout ce qui lui passait par le tête...
Elle alluma l'ordinateur. Elle avait son après-midi, personne à la maison, il fallait en profiter. Elle cliqua sur Word et décida d'écrire comme le psy lui avait conseillé.
Je suis censée écrire pour sortir ce que j’ai au fond de moi... ... c’est con comme phrase quand on pense que j’ai un truc qui grandit dans mon ventre ! Oui, je sais, ce n’est pas un « truc » c’est un enfant.
Mais pour l’instant, ça ne ressemble à rien ! Je le sais, j’ai déjà fait une écho, juste après le test de grossesse et la prise de sang ; parce qu’ils vous le montrent alors que vous voulez vous en débarrasser !
D’accord ça ne ressemble à rien et c’est minuscule mais c’est bien là, vous savez que cette espèce de photo noir et blanc c’est votre ventre et ça se voit qu’il y est bien attaché ce « truc » !
Vous avez ce machin là dans le ventre alors que vous n’en avez jamais voulu ! Vous aviez juste oublié que vous ne preniez pas la pilule et vous étiez trop pressée de faire l’amour avec votre mec pour penser préservatif... On n’avait pas à craindre le sida vu qu’on a fait le test tous les deux, dans le feu de l’action, on n’a pas pensé aux mômes.
J’ai compris que j’étais sûrement enceinte parce que j’avais des nausées, je vomissais alors que ça ne m’arrive pas souvent. J’angoissais d’avance, je le sentais trop mal cette histoire...
Quand je pense qu’on a fait l’amour comme ça dans la cuisine sur le sol froid alors que Calypso, du haut des escaliers, faisait tout pour qu’on arrête... on aurait dû au lieu de se foutre du bruit des canettes métalliques qu’elle faisait rouler et tomber. Je crois que toutes les canettes que mon ex colloc’ et amie irlandaise collectionnait y sont passées... GLING à chaque marche... GLING GLING GLING GLING... et rrrrrrr quand elles finissaient leur chemin sur le sol du couloir, nous narguant en passant devant la porte de cuisine restée ouverte... C’était un matin, Dylan et moi on bossait, pas elle, elle ne pouvait pas dormir ! Ah ! non ! c’était un mercredi. Le mercredi c’est la journée de repos de Dylan, comme elle ne bosse pas non plus, ils passent la journée ensemble... alors ! Elle pouvait bien nous foutre la paix ! Elle l’avait pour tout le reste de la journée !
Anilèm 1er octobre 2006 (toujours avec l'aide de L. Vegas sans qui Laly et les autres n'existeraient pas! merci!)
suite très bientôt!
February 15 Je sais, je sais... les mises à jour ont du mal à se faire, pourtant je suis inspirée! Surtout aujourd'hui: le soleil brille et s'invite par mes fenêtres, j'ai une envie folle d'écrire, le temps me manque, je dois remettre à plus tard... -soupir- vivement un peu plus de temps!!!!
Surtout que la suite de Laly attend juste d'être recopiée!!!! J'ai hate!!!! October 15 Désolée... la suite de Laly devrait bientôt arriver... elle est écrite mais comme je ne suis pas la seule à gérer... il faut que je vois ça avec L.Vegas et en plus cette fois-ci c'est Laly qui prend la plume et ce n'est pas une mince affaire! vu ses fotes d'orthographe!  mais j'y travaille! soyez en sûr(e)s!!
Bizzz à tous,
Anilèm
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