Anilèm's profileAnilèm etc...: immorale ...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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22 July "Carmen malheureuse" 6/6"A peine arrivés dans une chambre inoccupée, Carmen et Julien s’embrassèrent fougueusement, ils étaient contre la porte. Elle passa une jambe autour de lui, il glissa aussitôt sa main sur sa cuisse, sous la longue tunique blanche. Elle avait déjà déboutonné sa chemise et sa main explorait ce torse très musclé qui s’offrait à elle. Il prenait sa bouche avec ardeur, elle se laissait entrainer, l’esprit un peu troublé, les plusieurs verres de tequila entamaient leurs effets. Elle aimait cette sensation de vertige que l’alcool mélangé au désir lui donnait. Julien s’abaissa pour embrasser son décolleté, elle ferma les yeux et appuya sa tête à la porte. Il lui enlevait son costume de Cléopatre, elle sentait les doigts de Julien s’affairaient autour de la fermeture, et le tissu glissa à ses pieds qu’elle déchaussa rapidement, s’aidant d’un pied puis de l’autre. Elle avait toujours les yeux clos, les cheveux de Julien lui chatouillaient le ventre, il avait les mains sur ses fesses… Pendant un instant son esprit lui joua un tour, elle s’imagina sentir de plus grandes mains sur ses fesses, des mains incroyablement grandes, comme celles d’un sculpteur, des mains qui se reposeraient sur elle avec plus de douceur, un peu moins de fermeté. Et des cheveux plus foncés lui caressaient le ventre, la poitrine et le cou… Elle pensa un instant qu’elle n’aurait pas besoin de se baissait, ni de pencher la tête pour embrasser son torse… la tête lui tournait un peu, elle respirait plus fort, elle voyait Alexandre… Elle ouvrit les yeux subitement lorsque des lèvres prirent les siennes qui ne remuèrent pas. Elle n’était pas bien. Julien qui n’était pas vraiment plus grand qu’elle, la regardait sans bouger. Puis il alla s’asseoir sur le lit pour enlever ses chaussures à lacets. Elle resta collé à la porte, en sous-vêtement. Elle allait reprendre ses esprits ! Elle allait faire quelques pas, l’embrasser, lui retirer le reste de ses vêtements, retirer les siens, s’installer à califourchon sur lui et le guider pour qu’il s’engouffre en elle. Elle avala sa salive péniblement… la perspective de coucher avec Julien ne lui disait plus rien. Il était là, assis torse nu assis sur le lit. Il se recula un peu et s’allongea en l’invitant à le rejoindre. Elle le regardait. Elle réalisait qu’elle n’avait pas envie de sexe, elle n’avait même pas réellement envie de passer la nuit avec Julien. Elle se baissa pour reprendre son costume, elle attrapa ses chaussures et se retourna pour ouvrir la porte : - Désolée Julien, j’me sens pas très bien ce soir. Mais on remet ça à une prochaine ! d’ailleurs… il faudrait qu’on discute tous les deux ! Et elle sortit simplement vêtue de son soutien-gorge et de son string, sans que Julien n’ait eu le temps de réagir. Elle se rhabilla rapidement dans le couloir et redescendit, avec toujours ce mal-être, une boule dans la gorge, la sensation d’être perdue, complètement paumée… Elle arriva en bas des marches. Il y avait encore plusieurs personnes, certaines dansaient sur une série de slows, les DJ commençaient à fatiguer ou alors elles « comataient », un verre à la main… Carmen s’apprêtait à se diriger vers le bar quand elle stoppa net à la vision d’Héloise et Alexandre s’embrassant langoureusement. C’était trop pour sa soirée ! Ses yeux se brouillèrent malgré elle. - J’suis malheureuse ! Elle pensait avoir murmuré, elle avait presque crié. Alexandre s’écarta d’Héloise et se retourna vers Carmen, plantée aux pieds des escaliers, le khôl et le bleu coulant sur ses joues, elle le fixait, figée, perdue. Il s’avança vers elle, décontenancé de la voir ainsi. Il ne comprenait pas. Il posa une main sur l’épaule de Carmen, cherchant son regard, embué par les larmes. Elle avait des mots dans la tête, des phrases pour le faire fuir, un stratagème pour qu’il cesse de la perturber avec ses grandes mains chaudes sur elle, son regard clair et tendre, son corps imposant contre lequel elle avait envie de se lover et de s’endormir paisiblement. Au lieu de ça, elle prononça : - Je suis désolée Alexandre. Je ne sais pas pourquoi je suis montée avec Julien, j’suis fatiguée, c’est avec toi que je voudrais dormir cette nuit. Elle ne voulait plus penser, ne plus réfléchir, elle ne voulait pas croiser le regard de Dylan, qui était là-bas au bar, Calypso blottie contre lui, qui la regardait, elle ne voulait pas que Pénélope fasse de remarque, elle ne voulait pas que cette Héloise s’en mêle, elle désirait simplement le calme et la chaleur rassurante du corps d’Alexandre. Celui-ci la regardait, hésitant. Il n’avait pas passé une bonne soirée, il lui en voulait. C’était un peu trop facile de vouloir s’envoyer en l’air avec un autre et pour on ne sait quelle raison, revenir et demander à dormir avec lui !OK elle était désolée, mais de toute façon, ils ne sortaient pas ensemble, alors que pouvait-il lui reprocher ? ok elle dormirait avec lui s’il acceptait mais… demain ? Comment réagirait-elle ? « Bon, ben c’était sympa ! A la prochaine Alexandre ! » ?? Il ne se sentait pas prêt à être rejeté à chaque fois qu’elle perdrait pied par peur de ses sentiments. Et en même temps, il ne désirait pas la laisser seule ainsi, « malheureuse ». - C’était la dernière chanson de toute façon… j’allais me coucher. Tu peux dormir avec moi si tu veux mais attend-moi deux minutes s’il te plait. - Je t’attends en haut des escaliers… merci Alexandre… Il lui sourit en essuyant sa joue. Elle remonta pendant qu’il alla s’excuser à son tour auprès d’Héloise qui ne lui en voulait pas. Les sentiments d’Alexandre pour Carmen sautaient aux yeux, elle était contente pour lui. En revanche, si Julien avait le malheur de redescendre, il allait connaitre sa giroflée à cinq feuilles ! Triste tout de même de ne pas pouvoir rester avec Alexandre pour qui elle avait de la tendresse, elle le regarda rejoindre Carmen en espérant que le lendemain elle aurait le plaisir de les voir redescendre main dans la main."
juillet 2006, Anilèm S. -encore merci à L.Vegas ;0) - 20 July "Carmen malheureuse" 5 / 6"La soirée se poursuivit entre discussions, danses et jeux stupides organisés par Steve-Laura qui voulait une soirée réussie, ce qui signifiait pour eux : que chacun trouve sa chacune ! Il y avait une bonne ambiance, Carmen avait retrouvé son entrain et le sourire mais il lui restait un poids sur le cœur et elle n’était pas la seule à avoir une lueur de tristesse dans le regard de temps à autre. Carmen aperçut plusieurs fois ce même abattement dans les yeux de Calypso. Alexandre avait également ce regard mêlé de lassitude et d’ un peu de colère, mais Carmen ne le remarqua pas. Elle l’évitait autant que possible, cependant elle avait relevé qu’Héloise, l’amie de Julien, délaissée elle aussi, en avait profité pour se joindre à Alexandre et leur rapprochement l’énervait malgré elle. Julien, la main sous la tunique de Carmen et un doigt jouant avec la bretelle de son soutien-gorge, lui murmura à l’oreille qu’ils pouvaient s’éclipser maintenant que certains commençaient à s’endormir à droite et à gauche. Une main sur la cuisse du jeune homme, elle acquiesça sans perdre Calypso du regard qui s’écartait du groupe elle aussi, mais seule… - Juste un instant, j’arrive. Carmen se leva et sortit pour rattraper Calypso. Elle faillit ne pas la voir, assise à côté de la porte d’entrée, dans le noir. - ça va pas Calypso ? La jeune fille releva la tête, un lampadaire pas très loin permis de donner une réponse à Carmen : ce n’était pas la grande forme… - Un coup de blues, je crois, ce n’est pas grave. - Ouais… c’est comme quand Dylan répond « ça va » ! On sait que c’est faux, qu’est-ce qu’il se passe ? Au nom de son petit ami, Calypso avait déjà rebaissé la tête sur ses genoux. Carmen souleva une des tresses de la jeune fille déguisée en indienne. - Eh ! Dis-moi quelque chose ? Même que tu ne veux pas me parler ! Calypso lui sourit tristement et prit sa main dans la sienne en soupirant. - C’est Dylan… je n’arrête pas de penser à ce qui s’est passé au bureau cet après midi… Tout se mélange dans ma tête et je ne sais pas quoi penser… Pourquoi il a réagi comme ça devant cette casquette ? J’ai voulu lui en reparler quand il est rentré à la maison mais… je ne sais pas… je n’ai pas pu. Carmen, pourquoi j’ai l’impression que c’est grave ? Il y avait une telle inquiétude dans le regard de Calypso que Carmen se sentit obligée de baisser les yeux pour ne pas montrer son propre désarroi. - Je ne peux rien te dire Calypso, je ne sais pas non plus… Poussée violemment, Carmen atterrit sur les fesses. - Tu mens ! Je ne t’ai pas cru avec tes fausses excuses cet après-midi ! Je suis sure que tu sais !Pourquoi toi tu sais et pas moi ! Carmen se releva en respirant à fond, elle connaissait bien la jeune fille pour savoir qu’elle pouvait rentrer dans des crises incontrôlables. - Dylan ne m’a rien dit si c’est ça que tu sous-entends. J’ai des doutes, seulement des hypothèses ! On en n’a pas reparlé ensemble non plus. Pourquoi penses-tu encore à ça Calypso ? Tout le monde s’amuse, même Dylan !? Alors pourquoi tu n’en fais pas autant ? Calypso était debout, le corps tendu, les mains crispées l’une sur l’autre, des larmes plein le visage. - Parce que j’ai un mauvais pressentiment, je sais que Dylan semble s’amuser, mais ça ne marche pas avec moi ! Je sais qu’il y a quelque chose qui ne va pas, il souffre. Je suis persuadée qu’on a fait du mal à mon frère et ça, ça m’angoisse ! « Mon frère »… Carmen nota ces mots intérieurement, elle savait que Calypso disait cela comme si elle avait dit « ma moitié, mon autre moi », Dylan était son petit ami ET son frère. Elle connaissait les sentiments très forts qui liaient Calypso à Dylan, et savait qu’ils réagissaient souvent comme deux vases communicants, ce qui était assez troublant. - J’veux pas qu’il ait mal, j’veux pas qu’il ait de mauvais souvenirs ! J’ai une boule dans la gorge. Je revois plein d’images, de moments que j’ai passé avec lui, j’ai en mémoire des discussions qu’on a eu et j’ai peur Carmen… Je ne connais quasiment rien de son passé, je ne comprends pas mais j’ai peur… Carmen s’approcha d’elle doucement et la serra dans ses bras comme elle l’aurait fait avec une enfant. - Calme-toi Calypso. Dylan finira par t’en parler s’il y a vraiment quelque chose, il le fera de lui-même, quand il se sentira prêt. - Il n’a pas confiance en moi ? - Ça n’a rien à voir… En attendant, ne reste pas ici toute seule, viens. - Non, pas tout de suite, je ne veux pas qu’il me voit comme ça. J’vais fumer une cigarette au calme et j’arrive. Elle regarda Carmen droit dans les yeux et lui dit : - C’est parce qu’il a peur pour moi qu’il ne dit rien… je le sais… Carmen soupira et l’embrassa dans les cheveux puis la laissa seule. Avant de retourner auprès de Julien, elle demanda à une amie de Calypso d’aller la rejoindre, elle n’était pas rassurée de la savoir seule. Dylan était occupé avec sa deuxième petite amie sur la piste de danse, le genre de couple qui vous donne envie de vous rasseoir pour ne pas être ridicule à leur côté ! Il n’avait pas du s’apercevoir de l’absence de Calypso. Julien était près du buffet, Carmen se moqua de lui car il piquait encore dans les plats ! A peine fut-elle proche de lui, qu’il repassa une main sous sa tunique pour rejouer avec sa bretelle. Cette manie de toujours jouer avec un élastique la fit rire. Elle avait vraiment besoin de se changer les idées, pour le bébé, on verrait plus tard, pour l’instant, elle avait juste envie de passer du bon temps ! Main dans la main, ils étaient décidés à faire faux bond à tout le groupe pour ne se retrouver qu’à deux. Ils s’apprêtaient à monter les escaliers lorsque Alexandre les croisa aux pieds de celui-ci. Ils n’arrêtèrent pas leur marche, les yeux de Carmen et Alexandre se croisèrent. - Bonne fin de soirée ! leur lança-t-il."
suite prochainement... 18 July "Carmen malheureuse" 4 / 6N.B.: désolée, j'aurais aimé que tout se lise à la suite (les 3 premiers épisodes se suivent)mais cela devient vraiment trop compliqué à poster... alors j'espère que vous allez vous y retrouver rien qu'avec les numéros que j'ai mis à côté du titre à chaque fois. Sachant bien sur que si vous sélectionnez la catégorie, ça réduit déjà le champ des billets! Désolée de ne pouvoir faire autrement... BONNE LECTURE!
" - ça va ? Carmen baissa la tête et essaya de reprendre une respiration correcte, elle se sentait oppressée, que lui répondre ? Elle prit une grande inspiration avec difficulté et regarda Alexandre droit dans les yeux : - ça va. C’est le boulot, un patient qui me préoccupe… Les disc-jockeys lancèrent un zouk, plusieurs personnes allèrent se déhancher au milieu de la pièce, Carmen leur jeta un coup d’œil avant de revenir à Alexandre. - On y va ? On va « zouker » ? - Euh… tu sais moi à part la valse ! dit-il en souriant. - Oh ! Allez ! Viens ! Elle posa son verre et entraina le jeune homme au milieu des autres. Ses bras autour des hanches du jeune homme, qui était raide comme un piquet elle essaya de le faire bouger en rythme, ce qui s’avéra être plus une partie de rigolade qu’une véritable danse. Les grandes mains d’Alexandre la tenaient par la taille. Il riait de bon cœur, Carmen avait retrouvé sa bonne humeur, il préférait la voir ainsi : l’œil malicieux et le sourire aux lèvres. Ces lèvres qu’il avait aimé embrasser et auxquelles il avait repensé les jours précédents. Alexandre n’était pas du genre à coucher le premier soir, pourtant il s’était laissé faire avec plaisir et curiosité lorsque Carmen avait pris l’initiative de le déshabiller, une fois isolés, à leur dernière soirée. Ils ne se connaissaient pas depuis longtemps, mais cette fille au sang chaud, au franc parler l’avait séduit. Bien entendu il n’avait pas beaucoup de points communs : ils n’avaient pas les mêmes habitudes de vie, le train-train d’Alexandre était loin de ressembler à la vie trépidante de Carmen qui travailler le jour, sortait presque tous les soirs, chez ses amis ou en discothèque. Il n’était pas non plus un vieux garçon ! Il sortait avec des amis aussi mais pas pour se trémousser sur les podiums ! Ni pour passer une nuit en bonne compagnie d’inconnues ! Il n’était pas timoré, cependant la facilité de Carmen à aborder n’importe qui le surprenait à chaque fois. Il appréciait également sa simplicité, elle n’était pas du genre à snober les gens, comme sa meilleure amie Pénélope… qui le regardait toujours de haut. Carmen parlait avec tout le monde et ne jugeait pas, il la trouvait humainement exceptionnelle même si ses mœurs laissaient à désirer… Il avait envie d’apprendre à la connaitre davantage. Il proposa d’arrêter le carnage sur la piste de danse et d’aller se servir au buffet. Elle accepta même si elle n’avait pas très faim. Avec son appareil photo en main, Sarah leur coupa le chemin et leur demanda de poser pour l’album souvenir de la soirée. Ils se plièrent à la demande de la photographe. Sarah fit plusieurs photos sur son numérique, les visualisa aussitôt et eut cette petite phrase assassine : - Oh ! Vous êtes adorable en César et Cléopatre ! Un vrai p’tit couple ! Instantanément le visage de Carmen se rembrunit, elle fusilla la femme du regard qui n’y prêta pas attention, elle avait déjà d’autres modèles en vue ! Alexandre et Carmen se servaient en silence au buffet quand un gaillard déguisé en tyrolien les rejoint pour remplir son assiette. - Ah ! Je ne t’avais pas encore vu Julien ! On ne t’a pas loupé non plus toi ! Carmen éclata de rire, avec les bretelles et le chapeau emplumé, Julien semblait tassé et était, évidemment, comme tous, complètement ridicule ! - Tu n’as pas encore vu Héloise en tyrolienne ! répondit-il en riant de bon cœur. En un instant, Alexandre fut délaissé alors que Carmen picorait dans l’assiette de Julien ou lui tendait sa fourchette pour lui faire gouter ce qu’elle avait mis dans la sienne. Il ne fallait pas longtemps à Julien pour draguer une fille et il en fallait encore moins à Carmen pour faire comprendre à un homme qu’il venait de passer dans la catégorie « possibilité pour la nuit ». "
13 July "Carmen malheureuse" 1 / 6"Carmen arriva à la soirée la dernière. Tout le monde, tous ceux qui avaient participé à la soirée précédente, quelques semaines plutôt, était là. ça en faisait du monde : entre les frangins, les p’tites sœurs et les copains des copains ! Un grand rassemblement de personnes en tout genre, de milieux et d'âges différents, malgré tout une vingtaine d’années en moyenne. Inévitablement, la voyant débarquer en minijupe, bottes et petit blouson de cuir, le casque sous le bras, Steve et Laura rallèrent à l’unisson : c’était la seule qui n’était pas déguisée ! Elle s’esclaffa en les voyant, à la limite de la décence, parader en tenue de Tarzan et Jane. - J’ai le temps de fumer un cigare tranquille quand même ? - Tu rigoles ! Tu le fumeras après ton cigare ! Dépêche-toi !!! répliqua Steve en la poussant vers une autre pièce pour qu’elle passe son déguisement qu’elle avait amené avec elle. Les costumes avaient été choisis par le groupe lors de la soirée précédente. Evidemment avec ses cheveux bien raides de chaque côté de son visage et sa frange toute courte, ils n’avaient pas longtemps cherché pour lui trouver un personnage : Cléopatre ou danseuse du Crazy Horse ! Mais étant donné son tempérament de feu et son passé de strip-teaseuse – moyen plus rentable que le Mc Do et tellement plus plaisant de payer ses études tout en prenant du bon temps - ils avaient opté pour le premier choix, plus à l’opposé de ce qu’elle était. En changeant de tenue, elle repensa que Cléopatre s’’était imposée aussi par le simple fait que tout le monde voyait très bien Alexandre en Jules César… Elle posa la poudre bleue sur ses yeux et soupira : non seulement « sa Cléopatre était plus prête pour faire la pub des savons que de régner sur l’Egypte, mais l’idée qu’ils la « casaient » d’office avec Alexandre l’agaçait. Bon. OK. C’est une soirée déguisée spéciale couple mais vu que j’habite avec Pénélope en colloc’ ils auraient pu penser à nous mettre ensemble ! C’est pas parce qu’à la dernière soirée j’ai couché avec Alexandre qu’il faut croire qu’on est en couple ! Elle ajouta du mascara noir et du khôl. C’est vrai… on a aussi passé tout notre temps ensemble… on n’a pas fait que coucher… … C’est pas une raison !! Elle ajusta sa fausse parure, se regarda d’un air dubitatif dans la glace et soupira bruyamment avant d’apercevoir la silhouette d’une Emma Peel dans le miroir. - César t’attend. Deux simples mots, dans la bouche de Pénélope recrachant la fumée de sa cigarette, le sourire en coin et les yeux en fente, devenaient des paroles perfides. Carmen avait l’habitude des sarcasmes de son amie, elle l’aimait aussi pour ça, néanmoins parfois elle regrettait que cette sulfureuse rousse ne sache se taire ! - Ecoute Pénélope : ok j’me suis envoyée en l’air avec Alexandre qui contrairement à ce que tu penses avec tes préjugés sur les gens qui habitent la campagne se débrouille plutôt pas mal et n’a certainement rien à envier aux fils à papa que tu te tapes, mais on n’est pas marié non plus hein ?! - Oh ! mais ne t ‘énerve pas ! je voulais juste te prévenir qu’il m’avait déjà demandé de tes nouvelles … - Et toi ? Fabrice n’est pas venu te voir ? - On s’est parlé et Sarah a pris une photo de nous deux, vu qu’il fait John Steed . Mais rien de plus…moi ! - Qu’est ce que tu sous-entends ? La jolie garce rousse reprit une taffe et tourna les talons en lui répondant : - Oh ! rien…simplement j’me disais que de savoir qu’Alexandre t’attend impatiemment, tu ne serais p’têt plus malheureuse… « Malheureuse »…quand Carmen disait « j’suis malheureuse » c’était vraiment que quelque chose ne tournait pas rond. C’était rare avec sa joie de vivre et son optimisme de madrilène. Malgré tout… c’était vrai que cette petite phrase elle l’avait dite plus d’une fois en quelques semaines…" "Carmen malheureuse" 2 / 6"- Ppffff… n’importe quoi ! C’est pas un mec qui va me rendre malheureuse !! Carmen décida de fumer son cigare tranquille, seule, avant de rejoindre les autres. Steve et Laura n’étaient pas venus la chercher, ils devaient être occupés, il fallait en profiter avant qu’elle ne revienne à leur mémoire ! Ce soir pouvait être le grand soir. C’est ça qui la rendait nerveuse depuis quelques jours, sans parler de Dylan qui trottait dans sa tête depuis l’après-midi… Carmen avait calculé minutieusement sa période d’ovulation, elle savait qu’il fallait profiter de ce week-end pour enfin faire son bébé toute seule… Elle y avait longuement réfléchi avec Pénélope et après avoir fait la liste de tous les hommes qu’elles connaissaient, et qui pour la plupart étaient ici présent, elles en avaient conclu que le « candidat » idéal était Julien. Carmen s’entendait bien avec lui, il était célibataire, coureur de jupons pas prêt à se caser, ni à s’engager dans la paternité. Et non négligeable : il était plutôt mignon, selon les critères de Carmen, très musclé, pas trop grand –elle aurait préféré quelques centimètres en plus- un regard vif de filou, un beau sourire de tombeur, de l’humour, du caractère, il n’avait pas froid aux yeux et il n’avait pas 2 de Q.I. ! Tout, elle avait pensé à tout…même au fait qu’il faudrait faire une entorse à sa manière d’agir et qu’elle devrait persuader Julien de coucher sans préservatif. Déjà ce projet la refroidissait et la chagrinait. Elle s’en voulait d’avoir l’inconscience d’un tel acte tellement son désir d’enfant l’obnubilait…mais elle avait des chances de tomber enceinte pile ce week-end-ci ! C’était un signe non ? Seulement… Alexandre était là aussi et même si elle ne lui devait rien, elle n’imaginait pas, en sa présence, s’éclipser avec Julien pour faire ce bébé, puisque rien ne pouvait se faire discrètement quand ils étaient tous réunis. Elle avait passé du bon temps avec Alexandre, seuls, pendant leurs ébats et aussi avec le groupe, ils avaient longuement discuté, ri aussi, dansé. Elle se rappelait ses gestes tendres, son regard doux, son rire, le rose de ses joues quand elle le mettait mal à l’aise par son franc parler ou son attitude libérée, son humour, leurs fous rires, le slow qu’on leur avait dédié de ce chanteur français démodé qu’elle connaissait à peine alors qu’il chantait en boucle dans sa voiture à lui ! Elle en avait vécu d’autres des moments agréables dans sa vie ! et avec de nombreux hommes différents ! …alors pourquoi lui, il l’empêcherait de mener sa vie comme elle l’entendait ? Depuis longtemps elle désirait un enfant, finalement… cette envie ne l’avait pas quittée depuis qu’on ne lui avait pas laissé le droit de garder celui qu’elle aurait pu avoir… Elle se sentait prête depuis longtemps. Elle voulait un enfant, un bambin à elle, elle n’avait jamais envisagé sa vie en couple, elle ne voulait pas d’un seul et unique homme dans sa vie, sauf son fils si la nature lui faisait ce cadeau. Pourquoi elle devrait obligatoirement s’embarrasser d’un homme pour devenir maman !?! Julien était vraiment l’homme qu’il lui fallait. En y réfléchissant, elle n’était plus à quelques semaines près, peut-être pouvait-elle parler de son projet à Julien en toute franchise ? Elle lui expliquerait comment elle voyait les choses, elle n’attendait rien de sa part : il ne reconnaitrait pas l ‘enfant, il le verrait à l’occasion, mais hors de question de le partager entre deux foyers, en tout cas au départ, pour les premières années. Ils feraient tous les deux le test, ils attendraient les résultats et ainsi, sécurisés s’ils l’étaient, ils attendraient une prochaine ovulation… Elle croisa Michèle en rentrant dans la salle où les autres s’amusaient déjà, un signe ? Michèle semblait en pleine forme ce soir, radieuse, souriante, énergique et pourtant… tout le monde savait désormais qu’elle avait le sida… ""Carmen malheureuse" 3 / 6" Elle était perdue dans ses réflexions : Alexandre, Julien, test, pas test ? un enfant, Dylan … Finalement, avec tout ça, elle ne sentait pas le cœur à la fête ! -Tiens ! Ta tequila. Dylan lui tendait son verre. Elle le regarda dans ses vêtements ridicules, lui avec un T-shirt de superman et ces chaussures qui clignotent ! des fringues de gosse… Elle prit son verre en le regardant droit dans les yeux et elle repensa à leur promesse ; à la fac, ils s’étaient dit que si à 25ans Dylan n’avait toujours pas trouvé la mère de ses enfants, ils feraient un bébé ensemble. Dylan n’imaginait pas sa vie sans enfant et avec lui elle aurait accepté de faire des concessions, de vraiment faire un enfant à deux, sans pour autant vivre ensemble. Et puis, Dylan, lui qui avait été élevé à la DDASS, ne trouvait pas raisonnable son plan d’un bébé toute seule. Ils ne se quittaient pas des yeux tout en buvant leurs tequilas, Carmen cogitait. A 24 ans, elle s’était dit qu’il n’était plus qu’à un an de ce bébé… mais Calypso avait débarqué dans la vie de Dylan, puis peu de temps après, il avait rencontré Laly… ironie du sort : il avait trouvé deux mamans potentielles pour ses futurs enfants… et elle, elle perdait l’occasion de devenir maman d’un petit bout de chou qui aurait eu un père… Elle pensa qu’Alexandre n’aurait pas été d'accord non plus avec cette idée de faire un enfant toute seule… Les lèvres de Carmen se tordirent, son regard changea, ses sourcils tremblaient un peu, Dylan la regarda étonné, il n’avait jamais vu une telle expression sur le visage de son amie. -J’suis malheureuse ! finit-elle par dire en venant se cacher, les yeux rougis, sur le torse de Dylan, déconcerté. -Qu’est-ce que t’as ? Les larmes retenues, d’une voix bien plus aiguë qu’à l’ordinaire, un peu tragédienne, elle ne put que répéter : -J’suis malheureuse ! Embarrassé et un peu amusé de voir Carmen dans cet état pathétique qui ne lui ressemblait pas, Dylan rit malgré lui. Elle se redressa et lui donna un petit coup de poing sur la poitrine. Elle souffla et se reprit pour garder ses yeux rougis, mais secs ! Elle avait toujours sa mine dépitée. -J’avais tout calculé ! J’suis en pleine ovulation ! Dylan sourit, il connaissait le désir d’enfant de Carmen, il se souvint de leur promesse et aussi des nombreuses fois où il les avait vues, Pénélope et elle, calculer le meilleur moment pour tomber enceinte ! - Seulement j’peux pas me jeter sur Julien comme ça ! - Julien ? - Oui, on en a longuement parler avec Pénélope, on pense toutes les deux que c’est le mec idéal ! - Moi j’pense que Julien sera ravi si tu lui sautes dessus ! - Oui, mais j’peux pas coucher avec lui sans capote ! Et puis… y’a pas que ça… y’a… - Oui ? Un homme robuste, habillé en toge avec une couronne de laurier sur ses cheveux bruns, arriva dans le dos de Dylan. Il fixait Carmen avec un sourire qui s’évanouit en la voyant soucieuse. - Bonsoir. - Salut Alexandre. Les yeux de Carmen se posèrent sur lui avec une lueur d’inquiétude : avait-il entendu ce qui venait de se dire ?Dylan préféra s’éclipser. Pénélope l’alpagua : - ça y est, le cul-terreux a mis le grappin sur Carmen ? - Occupe-toi tes fesses Pénélope ! Et Dylan passa son chemin en soupirant. Rien ne comptait pour Pénélope, à part elle bien entendu ! C’était une véritable citadine, une fille de la nuit aussi, comme Carmen, à la différence que Pénélope n’aurait jamais posé les yeux sur un homme, même séduisant, qui portait des chemises à carreaux avec des velours et qui plus est, vivait à la campagne, dans une ferme ! Pas assez bien pour elle ! Alors que Carmen avait toujours eu un penchant pour les hommes rustiques, des forces de la nature, des gens simples, comme Alexandre…"
02 July "Carmen en pleine réflexion" 1/2"Elle le salua et promit de passer après avoir relu un dossier. Leur secrétaire, une femme souriante approchant de la retraite avait laissé le fond de café dans la cafetière à sa demande. Il ferma la porte tandis qu’elle prenait sa tasse. Elle se servit et posa ses fesses en mini jupe sur le bureau d’accueil. Son regard se fixa sur la porte du bureau de Dylan, comme parfois il lui arrivait de le fixer. Ces fois où elle s’apprêtait à aborder le sujet, c’était plus fort qu’elle, un défaut professionnel sans doute ! un intérêt pour son meilleur ami sûrement Seulement, entre psys et grâce à leur amitié de quelques années, ils s’étaient connus sur les bancs de la fac, à chaque fois cette envie de crever l’abcès se terminait par un sourire en coin de Dylan, ce genre de p’tit sourire qui la faisait taire. « Pourquoi poser la question si tu connais la réponse ? » Il lui était arrivé de prendre des chemins de travers pour essayer d’arriver à ses fins, même si elle savait que Dylan n’était pas dupe, d’ailleurs ça se finissait toujours par un « joue pas les psys avec moi ! » Carmen soupira, but une gorgée et décida d’aller s’asseoir dans son bureau, en face de celui de Dylan. Elle s’assit sur son grand fauteuil en gardant son mug à la main. N’ayant pas pousser la porte de son bureau derrière elle, ses yeux se reposèrent sur celle de Dylan… Elle savait qu’il ne voulait pas en parler, elle ne pouvait pas le forcer, pourtant elle sentait qu’il en était rongé à l’intérieur. Elle le connaissait assez bien pour deviner que jamais il n’en avait parlé, à qui que ce soit. Elle espérait que ses études de psy, ses lectures, les témoignages qu’il avait lus ou entendus lui avait enlever de la tête sa culpabilité. Par sa profession de pédopsychologue, elle ne savait que trop bien le sentiment de responsabilité et de honte que les enfants, les ados gardaient au fond d’eux, même en devenant adultes. Elle revoyait le visage de Dylan pourtant si hâlé devenir blême lorsque Calypso lui avait montré sa tenue pour leur soirée costumée. Dylan faisait toujours tellement attention à son style de beau brun ténébreux que le choix du costume c’était forcément porté sur l’idée de le rendre ridicule ! Calypso s’était donc chargé de trouver tous les éléments pour la tenue parfait du p’tit garçon : le bermuda, les baskets qui s’illuminent, le T-shirt bleu pétant avec l’insigne de Superman et une casquette rouge… c’est en sortant cette casquette du sac, à sa vue que Dylan avait eu un mouvement de recul et qu’il était devenu livide. Calypso qui ne le regardait pas à ce moment précis n’avait pas fait attention à ce changement de mine et dans un élan, elle lui enfonça la casquette sur la tête. Comme elle se recula pour l’admirer avec son couvre chef de môme, elle put lire, tout comme Carmen, un éclair de peur et de panique dans les yeux de Dylan. Très intuitive, encore plus lorsqu’il s’agissait de son demi-frère qui était aussi son petit ami, Calypso lui avait fait remarquer son malaise. Carmen n’avait rien dit, elle s’était contentée d’observer. A la remarque de Calypso, Dylan avait promptement retiré la casquette et pesté contre cette soirée qu’il trouvait ridicule, « à plus de vingt ans encore faire ce genre de soirée ! » Puis en rangeant toute la tenue dans le sac, il trouva l’excuse qu’une personne devait arriver pour son rendez-vous pour leur faire prendre congé. Une fois dans l’accueil, Calypso avait questionné Carmen qui avait feint de ne pas s’être aperçue de quoi que ce soit, tandis que Dylan la main encore sur la poignée, les yeux clos, la mâchoire serrée, le front contre la porte maudissait ce passage de sa vie et s’en voulait de ne pas pouvoir en parler à Calypso. C’était son histoire, du passé, et Calypso était bien trop fragile, bien trop éprise de lui pour savoir prendre la distance nécessaire, pour pouvoir encaisser, et puis… il était hors de question que le regard de sa sœur devienne différent quand il se poserait sur lui…"
"Carmen en pleine réflexion" 2/2"Carmen posa son fond de café froid et prit un de ses petits cigares qu’elle fumait rarement au cabinet, l’odeur s’imprégnant trop facilement. Une casquette rouge… elle exécrait les horreurs qu’elle pouvait entendre ou discerner dans son bureau, son sentiment était bien pire quand elle pensait, sans trop de doute, que c’était arrivé à cet homme qu’elle appréciait vraiment. Le seul homme, avec son père, qu’elle respectait. Le seul homme qu’elle avait rencontré, discuté, avec qui elle avait passé de nombreuses soirées sans jamais avoir eu l’envie d’atterrir dans son lit, alors qu’elle était une croqueuse d’hommes et lui un tombeur ! Elle sourit à cette pensée. C’était leur grande fierté à eux deux : de n’avoir jamais couché ensemble. Elle soupira, Dylan savait très bien qu’il pouvait lui en parler, pas parce qu’elle était psy, seulement parce qu’elle était son amie. Il n’était pas prêt, elle n’allait pas lui forcer la main, elle n’allait pas lui poser de questions auxquelles elle avait les réponses, elle n’allait pas jouer les psys avec lui. Elle serait là le jour où il en aurait besoin. Néanmoins cette pensée ne calma pas la rage qui grondait en elle. Abandonnant son cigare sur le bord du cendrier, elle se disait qu’il lui manquait une petite tequila à avaler cul sec quand son portable sonna. -Qu’est ce que tu fous ? J’suis arrivé en retard com’ d’hab’ chez Steve-Laura et t’es toujours pas là ? -J’suis toujours au bureau. -Encore ! Ca va ? Elle sourit. Rien qu’à travers le téléphone et avec une simple phrase, Dylan remarquait que quelque chose clochait.. -Ouais, t’inquiète, j’vais bien. Tu sais comment j’suis, parfois il y a des dossiers qui me tiennent plus à cœur que d’autres ! -Mmm. Mais nous on t’attend ! Dépêche-toi, tout le monde est là et tu verrais ça ! Tu vas te marrer ! Je ne suis pas le seul à être complètement grotesque ! -T’as mis ta casquette ? Elle se mordit la lèvre, elle n’avait pas pu s’empêcher. -… Silence. -Non j’aime pas le rouge et j’suis déjà assez ridicule comme ça ! -Mmm.Ok. Bon, le temps de récupérer ma moto au sous-sol et j’arrive ! J’me changerai sur place. A tout de suite. -OK. -Dylan ! -Oui ? -… Elle écouta les autres derrière lui, les rires, la voix de Calypso qui ne devait pas être loin, et une voix d’une autre fille, proche aussi, qui lui proposait une tequila. -Non, rien. Mets-moi une tequila de côté, j’me mets en route ! Elle l’entendit sourire de l’autre côté du téléphone et ils raccrochèrent presque en même temps." juillet 2006 Anilèm (Léa Vegas)
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